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"RING" Exposition Isabelle de Scitivaux
Galerie de la Salamandre
3 place de la Salamandre
30000 Nîmes
du 4 au 30 juin 2010
Vernissage le vendredi 4 juin à partir de 19h
Ouvert du mardi au samedi de 15h à 19h et sur rv
"LA BOXE COMME ESTHETIQUE DE L'ELEGANCE"
Avec son exposition nommée "Ring", Isabelle de Scitivaux montre toute sa maestria à occuper l'espace avec ses sculptures. Ses œuvres composées de fils de fer, d'aluminium, de cuivre émaillé, de
laiton ou de rotin enserrent l'air et reconfigurent un espace intérieur. On sait que dans la statuaire classique le sujet va exister à partir de l'évidement. Du dégagement de la gangue sortira,
vision assez romantique, quelque image idéale voulue par l'artiste. Ici une construction mentale tournant autour d'un maillage physique donne naissance à des formes aisément reconnaissables en
apparence. Elles semblent si familières ces silhouettes de rhinocéros, ces gants de boxe, cette veste de torero ("chaquetilla") suspendue en l'air ou ce personnage en train de toréer … et
pourtant il existe un fort décalage entre la représentation et la perception.
On se trouve en présence d'une mise en scène dont le côté amusant ou tragique n'échappera à aucun spectateur. La spatialité demeure une notion cardinale de son travail tandis qu'un jeu d'ombres
et de lumière reflète une vie intérieure. Evoquera-t-on l'aura de ces objets inanimés ? Pourquoi pas ? De leur âme invisible, enserrée dans un corps percé de trous, jaillira une évidence
plastique, celle de l'élégance. L'artiste évoque en effet des "carapaces imaginaires" à propos de ses réalisations; mais dans le but de protéger quoi si ce n'est ce principe immatériel de
l'existence. Un incessant va-et-vient entre l'intérieur et l'extérieur fonctionne, entre ce "vide-plein" de l'intérieur et ce "vide-occupé" de l'extérieur. Un dispositif qui permet à ses
réalisations de mettre à nu leur structure même puisque tous les points sont visibles et revendiqués, concession à une architecture moderniste qui ne cache rien.
Décalage donc mais aussi glissement imperceptible du statut de ses sculptures et de sa démarche. Isabelle de Scitivaux évoque la boxe et voilà qu'intervient l'opéra. Avec ce glissement sémantique
wagnérien on aboutirait à la notion d'un art total où la musique se trouve aussi présente. Le "Ring" donc, également un anneau de protection où l'esprit appliqué à jouer avec le vide se réfère à
la force du non vouloir du zen. Cet archer métaphorique dont la flèche atteint immanquablement la cible apparaît semblable à l'artiste qui immanquablement nous frappe au cœur.
Christian Skimao
le blog de Christian Skimao